“Voyez-vous ça !” : une exposition consacrée à Arnaud Labelle-Rojoux à voir au MAC VAL jusqu’au 12 avril
Dans le cadre d’un partenariat fixé sur une durée de cinq ans entre le MAC VAL – Département du Val-de-Marne et le Centre Pompidou, les deux institutions présentent au MAC VAL “Voyez-vous ça !”, une exposition consacrée à Arnaud Labelle-Rojoux (né en 1950) et conçue avec lui. Figure singulière de la scène artistique française – à la fois artiste, écrivain, enseignant et performeur – Arnaud Labelle-Rojoux développe depuis les années 1980 une œuvre plastique, théorique et performative, traversée par l’humour, la culture populaire et l’histoire de l’art, portant une attention constante aux formes marginales ou non académiques.
L’exposition est prolongée jusqu’au 12 avril 2026.
L’exposition se compose de trois volets répartis en trois salles, réunis sous un seul titre volontairement non hiérarchisé. Comme le formule l’artiste : “Titrer une exposition n’est jamais une mince affaire. C’est tout particulièrement le cas de celle-ci, dont les trois volets qui la composent requièrent un titre d’ensemble n’en privilégiant aucun. Voyez-vous ça ! est une interjection dépourvue d’intention autre que d’insister sur le regard, et la surprise, voire le persiflage, toutes choses pouvant caractériser le tout.”
Chaque salle porte un titre propre, apparemment codé : LCDB, SMS, ++. Deux acronymes, et un signe d’addition redoublé.
La première salle fait référence à un livre publié par l’artiste en 2024 : LCDB (Le Culte des Banni.e.s). Ce texte constitue une somme de réflexions sur des artistes cooptés par d’autres, issus d’un domaine extérieur aux leurs, et sur des formes d’expression traversant les catégories artistiques. De ce livre est née une série de performances live, prolongeant une réflexion sur l’art et ses marges. Cette dimension performative est essentielle dans le travail de Labelle-Rojoux. Davantage que des performances à la première personne, il privilégie ce qu’il nomme des “pièces composites”, juxtaposant références et complicités d’hier et d’aujourd’hui : un collage d’affinités électives. Cette salle, réunissant musiciens, cinéastes, écrivains, artistes, tous membres éminents de la confrérie occulte des “Banni.e.s”, est un temple dédié à la ligne marginale.
Plusieurs événements s’y tiennent, à commencer par une performance en duo avec l’artiste Xavier Boussiron, dans le cadre de leur projet au long cours Le Manifeste de la Passion triste, mêlant installations, vidéo, performances et musique. Les suivantes, animées du même esprit, montrent combien ce dernier est transgénérationnel.

Prière de toucher, 2010
Résine et peinture acrylique, 175 × 50 × 175 cm
Collection privée © Adagp, Paris 2025
Photo © Fabrice Gousset, Courtesy galerie Loevenbruck, Paris
La seconde salle est à l’origine de l’invitation du MAC VAL. Elle présente SMS (Stop Making Sense), une œuvre récemment acquise par les Amis du Centre Pompidou et prêtée dans le cadre de l’accueil de certaines œuvres de la collection du Musée national d’art moderne pendant la fermeture du Centre Pompidou pour rénovation. SMS, initialement installée dans cette forme à la Galerie Loevenbruck à Paris, est constituée de 365 collages encadrés à l’identique et juxtaposés bord à bord, réalisés au rythme d’un par jour, d’octobre 2021 à octobre 2022. Le collage, et ses techniques cousines — photomontages, cut-ups, assemblages, remix, mashup, sampling —, à la fois langages visuels ou textuels et réservoirs de mythologies personnelles, sont au cœur de la pratique de l’artiste. Il écrit : “Hiatus formels, métissages improbables, dispositifs truqués, ressorts secrets, érudition factice, tout concourt aux lectures démultipliées sans garantie critique : à chacun la sienne” Le titre complet de la pièce, Stop Making Sense, emprunté à un album des Talking Heads, est né du tout premier collage, sur lequel l’artiste a écrit cette phrase : “Y déceler un sens unique aurait limité et orienté ce qui se passe visuellement dans chaque collage, et encore davantage dans l’ensemble constitué.”

Stop making sense, 27.10.2021 – Collage et crayon graphite sur papier, 37 × 30 cm © Adagp, Paris 2025 Photo © Fabrice Gousset Courtesy galerie Loevenbruck, Paris
La troisième salle, intitulée ++ (overmore), s’inscrit dans la continuité logique de SMS. Comme dans la plupart des expositions importantes consacrées à l’artiste, les œuvres sont accrochées selon un principe de remix : les éléments qui ont pu apparaître dans d’autres configurations prennent ici une nouvelle vie. Leur quantité justifie également ce titre ++.
Des pièces issues d’expositions antérieures se croisent et composent une rétrospective sous forme de feuilleton (les expositions Rien à branler des chiens en 2003, L’oignon fait la sauce en 2012, Étant damné en 2021, C’est écrit dessus en 2025, et l’œuvre À la main du diable de 2013, à la Galerie Loevenbruck, l’exposition collective Les Maîtres du mystère en 2012, au musée du quai Branly – Jacques Chirac). L’accumulation fait ici l’unité. L’artiste notait déjà lors d’une précédente exposition, Esprit es-tu là ? que certaines obsessions — l’entrelacement des registres majeur et mineur — persistent depuis ses années aux Beaux-Arts de Paris. “Plus que leur chronologie, leur somme me constitue autant que les objets qui les traduisent.”
En écho aux trois salles, plusieurs vitrines exposent les ouvrages publiés par Arnaud Labelle-Rojoux. De L’Acte pour l’art (1988) à LCDB, Le Culte des Banni.e.s (2023), en passant par Leçons de scandale (2000), Twist dans le studio de Vélasquez (1999), Je suis bouleversé (2007), Les gros cochons font de bonnes charcuteries (2011) ou Duchamp (2020), ces livres témoignent d’un travail critique et littéraire aussi dense que l’œuvre plastique. “Il n’y a pas si loin entre L’Acte pour l’art, le Caravage et les “banni.e.s”.”
Avec le soutien de la Galerie Loevenbruck, Paris.

Vue de l’exposition “Voyez-vous ça !” de Arnaud Labelle-Rojoux ©
Commissariat : Nicolas Surlapierre, directeur du MAC VAL et Frédéric Paul, conservateur aux collections contemporaines, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou
Coordination : Julien Blanpied
[Source : communiqué de presse]
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